Comparateur Brut / Net — Indépendant vs Dirigeant
Beaucoup d'indépendants sous-estiment la fiscalité réelle de leur rémunération. Ce comparateur chiffre, pour un même bénéfice, le net en poche en personne physique et en société — rémunération, impôt des sociétés, dividendes et précompte mobilier compris — puis explique chaque mécanisme pour vous permettre d'arbitrer en connaissance de cause.
« Personne physique ou société : la bonne réponse dépend de votre bénéfice, de ce que vous sortez réellement et de ce que vous laissez travailler. »
Raphaël — CFAG
Votre situation
Chiffre d'affaires moins l'ensemble de vos frais professionnels.
45 000 € ouvre le taux réduit de 20 % à l'impôt des sociétés.
Le solde reste en société et pourra être sorti plus tard.
Sous conditions d'apport en numéraire et de délai d'attente.
Indépendant en personne physique
Tout le bénéfice est imposé dans votre déclaration personnelle.
- Bénéfice de départ
- 90 000 €
- Cotisations sociales (20,5 % + frais)
- -19 096 €
- Revenu net imposable
- 70 904 €
- Impôt des personnes physiques
- -26 430 €
- Additionnels communaux (7 %)
- -1 850 €
- Net en poche
- 42 625 €
Dirigeant en société
Le plus avantageuxRémunération imposée à l'IPP, solde taxé à l'ISOC puis distribué.
- Rémunération brute
- 45 000 €
- Cotisations sociales
- -9 548 €
- IPP + additionnels
- -10 083 €
- Net de la rémunération
- 25 370 €
- Bénéfice restant en société — ISOC 20 %
- -9 000 €
- Précompte mobilier 18 %
- -6 480 €
- Dividende net
- 29 520 €
- Réserve conservée en société
- 0 €
- Net en poche
- 54 890 €
Ce que disent ces chiffres
Sur un bénéfice de 90 000 €, la structure en société vous laisse 12 265 € de plus par an que l'exercice en personne physique. Votre rémunération ouvre le taux réduit de 20 % à l'impôt des sociétés (sur les 100 000 € premiers euros de bénéfice).
Faites varier la rémunération et le taux de distribution : vous verrez que l'optimum n'est jamais « tout en dividendes » ni « tout en salaire ».
Comprendre ce que vous venez de calculer
Pourquoi mon « brut » n'a rien à voir avec ce que je touche ?
En tant qu'indépendant, votre revenu passe par trois filtres successifs : d'abord les cotisations sociales (20,5 % du revenu net professionnel, plafonnées à 105 730 €), ensuite l'impôt des personnes physiques calculé par tranches progressives, enfin les additionnels communaux (7 %). Chaque euro supplémentaire est donc taxé au taux de votre dernière tranche — c'est le fameux taux marginal, souvent 50 % dès 49 840 € de revenu imposable.
Qu'est-ce que le taux marginal, concrètement ?
C'est le taux qui s'applique au dernier euro gagné, pas à l'ensemble de vos revenus. Beaucoup d'indépendants confondent les deux et pensent payer 50 % sur tout. En réalité, votre taux moyen réel est nettement plus bas. Mais pour toute décision d'optimisation (prime, dividende, investissement), c'est bien le taux marginal qui compte.
Pourquoi passer en société change la donne ?
La société est un contribuable distinct. Le bénéfice qu'elle conserve est taxé à l'impôt des sociétés : 20 % sur les 100 000 € premiers euros si vous vous versez au moins 45 000 € de rémunération, 25 % au-delà ou à défaut. C'est bien moins que votre taux marginal en personne physique. Vous décidez ensuite quand et comment sortir cet argent : rémunération, dividende, avantage en nature, pension complémentaire.
Le régime VVPRbis : 18 % depuis la réforme
Les dividendes subissent en principe 30 % de précompte mobilier. Sous le régime VVPRbis — apport en numéraire à la constitution ou lors d'une augmentation de capital, actions nominatives, délai d'attente respecté — ce taux est ramené à 18 %. L'ancien taux de 15 % est supprimé depuis la réforme : le simulateur applique donc 18 %. Sur un dividende de 50 000 €, l'écart avec le taux plein représente encore 6 000 € nets. Encore faut-il avoir structuré la société correctement dès le départ.
La rémunération de 45 000 € : un seuil à manier avec prudence
Se verser 45 000 € ouvre le taux réduit de 20 % à l'ISOC, mais coûte des cotisations sociales et de l'IPP au niveau personnel. Le calcul n'est gagnant qu'à partir d'un certain niveau de bénéfice. En dessous, il peut être plus intéressant d'accepter les 25 % d'ISOC. C'est précisément le type d'arbitrage que ce simulateur met en lumière.
Ce que ce simulateur ne peut pas voir
Situation familiale, enfants à charge, revenus du conjoint, frais professionnels réels, PLCI, EIP, immobilier détenu en société, plan de pension, sortie future de la société ou plus-value sur actions : autant de paramètres qui déplacent significativement le résultat. Un chiffre indicatif ne remplace pas une analyse de votre dossier.
Simulation indicative et non contractuelle, basée sur des paramètres simplifiés. Elle ne tient pas compte de votre situation familiale, de vos frais professionnels réels, d'une PLCI, d'un EIP ou de revenus complémentaires. Seule une analyse personnalisée permet de trancher.